L’IMPACT DE L’ALIMENTATION
SUR L’ENVIRONNEMENT

L’alimentation, comme toute activité humaine, a un impact sur l’environnement. Elle représente 28% de la charge environnementale générée par la consommation des habitants de la Suisse, avant le logement (24%) et la mobilité (12%).

Depuis ces dernières années, l’alimentation refait débat dans nos sociétés et des politiques alimentaires émergent de nombreuses villes en quête d’une alimentation durable, ici ou ailleurs. Traçabilité, santé, proximité, diversité, juste prix et durabilité en sont les principaux enjeux. Selon la FAO, les régimes alimentaires durables sont des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

Elaborée dans le cadre de la CCE/KVU, la boîte à outils se focalise sur l’alimentation respectueuse de l’environnement et décline cette thématique à travers les impacts de l’alimentation sur la biodiversité, sur la qualité des eaux, des sols et de l’air, sur la consommation d’énergie et sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la préservation des ressources naturelles (eau et terres) ainsi que sur la prévention des déchets alimentaires.

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Selon la FAO, les régimes alimentaires durables sont des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

Elaborée dans le cadre de la CCE/KVU, la boîte à outils se focalise sur l’alimentation respectueuse de l’environnement et décline cette thématique à travers les impacts de l’alimentation sur la biodiversité, sur la qualité des eaux, des sols et de l’air, sur la consommation d’énergie et sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la préservation des ressources naturelles (eau et terres) ainsi que sur la prévention des déchets alimentaires.

Avec la volonté d’inciter la population à choisir en toute connaissance de cause, ces enjeux environnementaux sont associés à des propositions alimentaires possibles pour chaque citoyenne et citoyen soucieux de préserver l’environnement. Il peut choisir son régime alimentaire, redécouvrir des produits, choisir le lieu et les modes de production des denrées alimentaires, leurs modes de transport, sa propre mobilité pour faire ses courses, privilégier les produits non transformés, cuisiner, adapter les quantités, ne pas jeter. Le large choix de denrées alimentaires à disposition chez les distributeurs permet à chacun de réduire son impact tout en optant pour des choix compatibles avec ses préférences alimentaires, ses valeurs, ses envies ou ses contraintes, pour que manger reste un plaisir sans dévorer la Planète.

Ces options alimentaires en faveur de l’environnement sont en adéquation avec la santé, la multiplicité des goûts et la diversité culturelle.

Ces options alimentaires en faveur de l’environnement sont également en adéquation avec l’agriculture suisse qui offre une réelle traçabilité et qui est l’une des plus exigeantes et des plus avancées en matière d’environnement. En Suisse, depuis 1990, la politique agricole est de plus en plus respectueuse de l’environnement et des animaux.  En effet, plus de 95% des exploitations agricoles participent à des programmes agro-environnementaux et fournissent des Prestations écologiques requises (PER). La totalité des exploitations suisses produisent selon les cahiers des charges de la Production intégrée (PI) ou Biologique (Bio). La politique agricole répond aux exigences de la population suisse, elle-même de plus en plus soucieuse de son alimentation qu’elle souhaite, du gène à la poubelle, responsable et durable.  En 2008, l’office fédéral de l’environnement (OFEV) et l’office fédéral de l’agriculture (OFAG) fixaient 13 objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA). En 2016, suite au rapport « Bases naturelles de la vie et efficacité des ressources dans la production agricole. Actualisation des objectifs », le Conseil fédéral indique que des progrès tangibles ont été accomplis depuis 2008 (préservation des variétés végétales et des races d’élevage,surfaces de promotion de la biodiversité (SPB), zones sans intrant de synthèse et biologique à proximité des eaux de surface).

Réduire l’impact environnemental de l’alimentation n’est cependant pas du seul fait de l’agriculture et le Conseil fédéral conclue qu’il est par ailleurs possible de réduire les atteintes à l’environnement en Suisse et dans le reste du monde en diminuant les déchets alimentaires et en changeant les habitudes alimentaires, ce qui est du ressort des consommatrices et des consommateurs.

En ce sens, la boîte à outils est un guide pour l’action.

L’écobilan de l’alimentation est principalement déterminé par les choix quotidiens des consommatrices et consommateurs concernant les types de produits (végétal, animal), les modes de transports, les lieux et les modes de production agricole. La transformation et les emballages sont moins impactant. Le facteur le plus déterminant est la consommation de produits carnés (quantité, espèces et type d’élevage).

L’impact de l’alimentation sur la biodiversité  est essentiellement lié à l’agriculture et moins à la transformation ou à la préparation. En Suisse, les pratiques agricoles (PI et Bio) respectent l’environnement et s’inscrivent dans des logiques d’agroécologie. En effet, dans la politique agricole, les prestations écologiques requises (PER) comprennent une contribution à la biodiversité qu’il faut respecter. Les agriculteurs helvétiques participent donc à la création d’un réseau de surfaces de promotion à la biodiversité (SPB) représentant ± 40’000 ha. Et par exemple 75% des mammifères sauvages suisses ont leur habitat en terres agricoles.

L’impact de l’alimentation sur la qualité des eaux, de l’air et des sols est principalement dû aux pratiques agricoles, notamment les agricultures intensives avec de fortes consommations d’engrais (azote, phosphore) et phytosanitaires (insecticides, herbicides, fongicides). Mais l’agriculture suisse, entièrement en production intégrée ou biologique, est très vigilante sur ces thématiques environnementales. La politique agricole, mise en place depuis bientôt 30 ans, a permis de forte réduction des pollutions (diffuses ou ponctuelles) sur ces ressources eaux, air et sols.

L’impact de l’alimentation sur le climat (impact carbone), sur les émissions de gaz à effet de serre et sur la consommation d’énergie fossile est produit par divers facteurs : la production de viande, le transport des légumes par avion, la culture sous serres chauffées aux énergies fossiles,  le moyen de transport choisi pour faire ses courses.

L’impact de l’alimentation sur la ressource naturelle eau concerne l’eau utilisée tout au long de la chaîne de fabrication d’une denrée alimentaire (eau virtuelle). L’empreinte hydrique de la Suisse est très majoritairement faite à l’étranger par l’agriculture, notamment pour produire le fourrage importé en Suisse pour nourrir des animaux d’élevage (viande et produits laitiers).

L’impact de l’alimentation sur la ressource naturelle terres concerne la quantité de terres agricoles nécessaires. L’élevage utilise une forte quantité de terres agricoles, des pâturages mais aussi des terres cultivées en Suisse et à l’étranger pour la production de fourrage importé. Par ailleurs, l’érosion des sols agricoles est liée à des pratiques agricoles intrusives pour les sols ou à la salinisation des terres due à l’irrigation, notamment dans les agricultures intensives.

L’impact de l’alimentation sur nos déchets est lié moins aux emballages qu’au gaspillage de denrées alimentaires, quantités surdimensionnées, dates de péremption dépassées ou restes alimentaires non accommodés. Chaque aliment perdu avant consommation ou gaspillé après consommation dans les ménages impacte inutilement l’environnement en général, mais aussi la biodiversité, la qualité de l’air-eaux- sols, le climat et l’énergie et les ressources naturelles eau et terres.

Selon ses choix alimentaires, l’impact sur l’environnement varie. Les leviers principaux sont le choix du type de produit, le choix du lieu et des modes de production agricole, le choix des modes de transport des denrées et des consommateurs pour faire leurs courses et le gaspillage alimentaire. En optimisant tous ses choix, le potentiel de réduction de son impact sur l’environnement est globalement de 50%. Entre le minimum et le maximum, à chacun de choisir selon ses préférences, ses envies et ses contraintes.

Les potentiels de réduction ont été extraits des études de Niels Jungbluth(Bureau d’études Esu-services). Selon l’auteur, il convient alors de noter que « l‘étude évalue les impacts environnementaux causés par les ménages suisses (8250 Watt, 12.8 tonnes de gaz à effet de serre, 20 million éco-points par personne). Plus de la moitié de cet impact est causé par les domaines de consommation de mobilité, logement (surtout à travers la consommation d‘énergie) et alimentation. Ces résultats permettent dans une étape suivante d‘évaluer les potentiels de réduction de l’impact environnemental. La plus grande diminution d‘impact peut être acquise dans le domaine de la consommation de produits alimentaires, en appliquant une alimentation saine et écologique (moins de viande, produits saisonniers, moins de produits de luxe, pas de produits transportés par avion et moins de gaspillage) ».

Par ailleurs, pour calculer soi-même son impact environnemental selon ses choix et ses habitudes de vie, des logiciels sont  à découvrir sur la page d’accueil.

Et enfin, les labels peuvent guider les consommatrices et les consommateurs dans leurs achats responsables. Mais ils sont divers et complexes. Voici une liste non exhaustive de sites pour mieux les comprendre:

  • Potentiel de réduction 1
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  • Potentiel de réduction 2
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  • Potentiel de réduction 3
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  • Potentiel de réduction 4
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ET AUSSI

-23%

de la charge environnementale de l’alimentation en Suisse en évitant tout déchet alimentaire tout au long de la chaîne.

Pourraient être ainsi évités:

68% des 508 000 tonnes de déchets alimentaires issus de la transformation

95% des 100’000 tonnes issus de la grande distribution

70% des 290’000 tonnes issus de la restauration 

1> 2> 3> 4> 5> 6

Les régimes alimentaires les moins énergivores sont, dans l’ordre :

  1. ovo-lacto-végétarien écologique (sans viande avec mode de culture écologique)
  2. intégral écologique (consommation de viande réduite avec mode de culture écologique)
  3. mixte écologique (avec viande avec mode de culture écologique)
  4. ovo-lacto-végétarien conventionnel (l’agriculture conventionnelle-intensive n’existe pas en Suisse)
  5. intégral conventionnel (l’agriculture conventionnelle-intensive n’existe pas en Suisse)
  6. mixte conventionnel (l’agriculture conventionnelle-intensive n’existe pas en Suisse)

-44%

de la charge environnementale de l’alimentation en Suisse en mangeant végétarien. -52% de l’énergie primaire  et -48% des gaz à effet de serre de l’alimentation.

Cependant, la société suisse de nutrition (SSN) recommande simplement de réduire sa consommation de viande à 2 à 3 portions de 100g à 120g par semaine.

-15,9%

de la charge environnementale de l’alimentation en Suisse en optant pour des produits issus de l’agriculture biologique, sans importation par voie aérienne, ni serre chauffée aux énergies fossiles. -6,2% d’énergie primaire et -18,2% des gaz à effet de serre liés à l’alimentation.

-40%

des émissions d’ammoniac et -25% à -40% des émissions de gaz à effet de serre occasionnés par l’agriculture si les Européens réduisaient de 50% leur consommation de viande.

34GJ

représente la consommation en énergie d’une alimentation standard en Suisse. Selon ses choix alimentaires, le potentiel de réduction est de : -5,5 GJ sans viande, -2,8 GJ si peu de viande, -1 GJ si de saison, -0,5 GJ sans avion, -1,5 GJ en autopartage pour les courses, – 0,6 GJ avec eau du robinet

-5%

des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation en renonçant aux produits importés par voie aérienne.

-2%

des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation en renonçant aux produits provenant de serres chauffées aux énergies fossiles.

-10%

d’économie d’énergie au niveau des ménages en Suisse pour l’ensemble du système alimentaire grâce à des réfrigérateurs et congélateurs plus économes (étude 2000).

-84%

des coûts environnementaux du panier alimentaire si les courses sont faite à pied ou à vélo et non en voiture. – 76% si les courses sont faites en bus (estimation Grande Bretagne)

-90%

des coûts environnementaux du panier alimentaire si les produits sont consommés dans un périmètre de moins de 20km de leur lieu de production (estimation Grande Bretagne).

L’alimentation est un domaine central pour les individus, les ménages et les sociétés. Tout le monde mange et les habitudes alimentaires varient selon les lieux, les époques, les situations sociales ou économiques.

Perçue comme acquise et sans problème depuis le milieu du XXème siècle, l’alimentation refait débat dans nos sociétés après les scandales de la viande aux hormones, de la vache folle, des lasagnes de cheval. Malbouffe, obésité, pesticides, OGM, antibiotiques, qu’en est-il pour l’environnement ou pour la santé? Faut-il produire plus pour nourrir le monde? L’agriculture paysanne est-elle adaptée? Bien manger coûte-t-il trop cher? Faut-il manger de la viande ? Notre alimentation est-elle durable? Avons-nous le choix?

Voici un tour d’horizon pour mieux cerner l’alimentation aujourd’hui.

  • Alimentation en chiffres 1
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  • Alimentation en chiffres 2
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  • Alimentation en chiffres 3
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  • Alimentation en chiffres 4
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ET AUSSI

4% à 12%

est la part de l’impact environnemental des produits d’origine animale dans la consommation globale des ménages.

50%

des denrées alimentaires en Suisse sont importées.

50kg

de farine de soja consommée par personne dans  les pays industrialisés contre 9kg dans les pays en développement.

x3

d’augmentation de la production de farine de soja entre 1994 et 2004.

80%

de la production mondiale de soja est destinée à la nourriture des animaux d’élevage.

x2

d’augmentation de la consommation de viande mondiale entre 1985 et 2005 et elle continue de croître.

42%

des consommateurs suisses souhaitent une agriculture écologique.
33% souhaitent une agriculture conservatrice avec le maintien des traditions paysannes.
25% souhaitent une agriculture à fortes performances économiques.

0,15 ha

nécessaire pour nourrir un humain en 2050 en raison de l’augmentation démographique. 0,45 ha en 1960 et 0,25 ha en 2000.

80%

de l’alimentation humaine mondiale est assurée par les végétaux.

45%

d’auto-approvisionnement pour les aliments d’origine végétale, en Suisse.

100%

d’auto-approvisionnement pour les aliments d’origine animale en Suisse, mais 78% en tenant compte de l’importation du fourrage de l’étranger.

55%

d’auto-approvisionnement net en Suisse (avec déduction du fourrage importé pour les animaux élevés en Suisse).

75%

des consommateurs-trices suisses de formation tertiaire portent un intérêt à leur alimentation.
70 % de formation secondaire.
60% de formation obligatoire.

68%

de la population déclarent faire attention à leur alimentation, les femmes plus fréquemment que les hommes (75% contre 61%).

8%

 des produits alimentaires achetés en Suisse sont biologiques.

1’600 t

 tonnes de bœuf importées du Brésil en Suisse par an.

6,7%

des protéines consommées par les humains sont fournies par les poissons. 

-17%/+4%

Une parcelle de 17% plus petite produit 4% de lait en plus, ce qui illustre l’intensification de l’élevage en Suisse depuis 1990.

31/300

 31 à 48 additifs sont autorisés dans les denrées alimentaires biologiques contre 300 pour les produits non-biologiques.

93%

des Suisses consomment des produits biologiques:
7% toujours
33% souvent
35% occasionnellement
19% rarement
7% jamais 

12,5%

des dépenses de consommation en Suisse sont consacrées aux produits alimentaires, boissons et tabac. 

60%

de la population active mondiale travaillent dans l’alimentaire, 43% dans l’agriculture.

500

millions d’exploitations agricoles sont familiales sur les 570 millions d’exploitations agricoles au monde.

72%

des exploitations agricoles font moins de 1 ha, au monde. 

+85%

d’augmentation de la population mondiale en 40 ans a entrainé une augmentation de la consommation:
de céréales de + 100%
de produits laitiers de +120%
de viande de +182%
d’huile de + 264%

31%

des Suisses jugent leur agriculture tout à fait proche du consommateur et tout à fait respectueuse de l’environnement.

10%

du budget alimentaire d’un ménage en Suisse est consacrée aux légumes.
24% à la viande et aux produits carnés.
19% aux produits laitiers et œufs.

300 g

de légumineuses consommées par an et par personne en Suisse. La moyenne mondiale est de 7kg.

64%

des Suisses achètent suisse pour soutenir l’agriculture mais seul 25% affirment que le produit suisse apporte quelque chose de particulier.

80%

des denrées alimentaires mondiales sont produites par l’agriculture familiale.

65%

de la viande et 20 % du lait produits en Suisse dépendent du fourrage importé.

31%

des légumes et épices importés d’Asie en Suisse ont des taux de résidus de pesticides non conformes (contrôle sur 900 échantillons aux douanes).

880kg

de nourriture est mangée par an et par Suisse, dont 550 d’origine végétale et 330 d’origine animale.

56%

de l’huile de palme utilisée en Suisse est certifiée durable.

+35%

de consommation de poissons en Suisse depuis 2000, pour atteindre 9 kg/an/personne dont 17% labélisé ASC et MSC.

2 milliards

de personnes sont en carence nutritionnelle dans le monde dont 795 millions souffrent de la faim.

1,9 milliards

de personnes sont en surpoids dans le monde dont 600 millions souffrent d’obésité.

42%

des Suisses jugent leur agriculture tout à fait digne de confiance.